par Anne-Danièle Fortunato (RSEDD 2018)

 

Quand on sait que 70% des déplacements entre le domicile et le travail font moins de 5 km, que la voiture représente un poste budgétaire conséquent pour un foyer (en moyenne 1000 euros d’essence, hors assurance, entretien et amortissement) et qu’il est difficile de faire du sport… on pourrait se dire que toute les conditions sont réunies pour se rendre au vélo au travail et pratiquer le vélotaf…

Si la pratique du vélo utilitaire s’est effondrée jusqu’au milieu des années 70, elle revient en force depuis quelques années, notamment dans le cadre des politiques cyclables des villes, d’après Frédéric Héran dans ​Le ​retour de la Bicyclette​. ​A Paris, on compte en effet 3 fois plus de cyclistes qu’il y a 20 ans.

Le vélotaf est avant tout écologique. une étude réalisée par l’ADEME estime que la pollution aux particules fines provoque 48 000 morts par an en France. L’ADEME a mis en place un comparateur de déplacements selon les différents modes de transport et pour un trajet de 10km en voiture la consommation d’énergie serait de 1,27kg en essence pour 4,04kg de CO². Réaliser les 10 kms quotidiens pour aller au travail (soit 5km aller et retour) permet d’économiser 700 kgs de Co2 en un an.

Le Vélotaf est aussi économique: le coût de 4 pleins d’essence permet d’acheter un très bon vélo neuf… La pratique du vélotaf fait d’autant plus résonance dans notre contexte actuel de tensions sociales autour de l’énergie et du passage à la transition écologique.

A l’heure de la congestion urbaine et des difficultés de mobilité en ville, un “vélotafeur”est beaucoup plus rapide qu’une voiture. L’ADEME elle-même le confirme: en vélo, on roule en moyenne à 15km/h contre 14km/h pour la voiture. Le vélo électrique monte même à 25 km/h sans effort… tout en esquivant les embouteillages!

L’autre vertu du Vélotaf, c’est le gage de la santé: pédaler réduirait les risques de maladies cardio-vasculaires, cérébrales et de cancers. Le vélo est également le moyen de transport le moins exposé aux polluants: en voiture, l’aération par laquelle entre l’air respiré dans l’habitacle est située au niveau des pots d’échappement tandis que le cycliste se situe au-dessus.

 

Alors comment encourager ce nouvel usage..?

Depuis 2016, le gouvernement a lancé une incitation fiscale qui permet aux entreprises de rembourser les trajets domicile-travail effectués en vélo, dans la limite de 200 euros. En mettant en place des indemnités kilométriques vélos (IKV à 0,25 centimes le km), des entreprises font la promotion du Vélotaf et souhaitent accompagner leurs salariés vers ce nouvel usage d’une mobilité plus propre décarbonée.

Dans le cadre du plan vélo, du 14 septembre 2018, le gouvernement a pour objectif de tripler d’ici 2024, la part du vélo dans nos trajets quotidiens qui ne représentent que 3% autour de 4 axes :

  • la sécurité en développant des aménagements cyclables et en améliorant la sécurité routière. Un fond national de 350 millions d’euros est consacré à ce sujet
  • la sécurité pour mieux lutter contre le vol
  • le développement d’une culture vélo
  • la mise en œuvre d’un cadre incitatif reconnaissant pleinement l’usage du vélo comme un mode de transport vertueux, notamment, avec la  création d’un forfait mobilité durable pour tous les salariés dont la mise en place sera généralisé en 2020 à  hauteur maximale de 400 euros.

Ce dernier dispositif est repris dans la loi d’orientation des mobilités (LOM) qui doit être votée courant 2019, avec un montant maximum du forfait mobilité à 400 euros pour la pratique du vélotaf ou covoiturage.

D’autres pays européens, à l’image des Pays-Bas, sont très en avance sur la France en matière de la pratique du vélo, avec 23 millions de vélos pour 17 millions de Néerlandais par exemple. Ce pays veut aujourd’hui aller encore plus loin, en créant des autoroutes vélos car l’objectif est de faciliter la pratique du vélo et particulièrement du vélotaf, qui n’est pas suffisamment utilisé selon la secrétaire d’État aux transports. Même si un quart des déplacements pratiqués par les résidents se font en vélo, seuls 25% des voyages sont liés au travail.

 

Mais qu’en pensent les vélotafeurs?

Il faut se lancer, puis braver le froid et parfois la pluie. Mais le résultat est sans équivoque. Budgétairement, c’est très intéressant, disent-ils: moins d’essence et parfois des indemnités kilométriques vélo qui permettent d’amortir le coût d’achat du vélo. La liberté, face aux voitures entassées sur les routes, plus de perte de temps dans les embouteillages. Ils arrivent au boulot plus en forme et rentrent le soir plus détendu….

Alors, quelques conseils…pour ceux à qui cet article aura donner envie d’essayer de se rendre au travail en vélo.

Poser des sacoches à vélo ou un panier, c’est indispensable ! Un casque, même s’il n’est pas obligatoire pour les adultes, des phares avant et arrière qui fonctionnent bien et respecter les règles de sécurité… Sachez qu’à Paris, les cyclistes sont beaucoup moins concernés par les accidents que les autres modes de transport!

N’attendez plus … le vélotaf, c’est bon pour le budget, la planète et la santé!

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