Podcast et article par Alice Connault et Juliette Rouleau (IGE 2019)

 

 

Dans son dernier rapport publié en 2019,  le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) alarme une fois encore sur la trajectoire actuelle d’une augmentation des températures de 1,5°C à horizon 2050. Selon leurs études, sur des périodes où le réchauffement planétaire a augmenté d’environ 0,5°C, on observe “une évolution de l’intensité et de la fréquence de certains phénomènes climatiques et météorologiques extrêmes”[1]. De fait, les exemples se multiplient. Sur la seule année 2019 on observe deux vagues caniculaires exceptionnelles sur le territoire français en juin et juillet atteignant des records absolus de chaleur[2]. Depuis le mois de septembre, l’Australie connaît des incendies dévastateurs qui auraient déjà causés plus d’un milliard de pertes animales[3] et des centaines de milliers de déplacés[4].

Parmi les phénomènes météorologiques extrêmes observés, Météo France relève une augmentation de l’activité cyclonique dans l’Atlantique Nord depuis les années 1970[5]. En 1989 l’ouragan Hugo dans les Antilles a fait plus de 50 000 sans abris[6]. Le record d’intensité des ouragans n’a dès lors cessé d’être battu : en 1992 par l’ouragan Andrew aux Etats-Unis, et en 2005 par Katrina faisant 1 833 victimes[7]. Un des derniers ouragans majeurs est le dénommé Dorian qui toucha les Bahamas, la Nouvelle-Écosse et les côtes états-uniennes entre août et septembre 2019. Ces épisodes cycloniques ont des impacts potentiellement dévastateurs pour les territoires sur lesquels ils s’abattent tant du point de vue du bilan humain que du bilan économique[8]. En 2017, le coût mondial des désastres météorologiques a atteint le record de 400 milliards de dollars selon les caisses de réassurances[9]. Les catastrophes cycloniques représentent une part non négligeable de ce bilan. Il est alors légitime de s’interroger sur l’avenir de ces événements météorologiques extrêmes au regard du réchauffement climatique.

Dans un entretien avec Fabrice Chauvin, Chercheur au Centre National de Recherches Météorologiques (CNRM) et spécialiste des cyclones tropicaux, nous essayerons de comprendre quel lien peut exister entre le changement climatique et l’activité cyclonique.

 

Les grandes zones cycloniques - Source : La Chaîne Météo
Les grandes zones cycloniques – Source : La Chaîne Météo

 

Sources :

[1]GIEC, Réchauffement planétaire de 1,5°C, Résumé à l’intention des décideurs, 2019, p.7

[2]  Meteo France, Canicules 2019 : la moitié de la France n’avait jamais eu aussi chaud, 2 août 2019

[3]  Le Monde, Incendie en Australie : les habitats de 327 espèces menacées touchées par les flammes, 20 janvier 2020

[4]  Gaspard d’Allens, Reporterre, Feux en Australie : 24 morts, 100 000 personnes évacuées, un demi-milliard d’animaux morts, 6 janvier 2020

[5]  Meteo France, Changement climatique et cyclones

[6]  National Hurricane Center, Preliminary Report : Hurricane Hugo 10-22 September 1989 , 1989

[7] Richard D. Knabb, Jamie R. Rhome, and Daniel P., Tropical Cyclone Report, Hurricane Katrina, Brown National Hurricane Center, 20 December 2005

[8]  Observatoire Nationale sur les Effets du Réchauffement Climatique, Les événements météorologiques extrêmes dans un contexte de changement climatique, Rapport au Premier ministre et au Parlement, La documentation Française, 2018

[9]  Ibid

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