Article de Nathalie Colombet (RSEDD 2019)

 

 

Introduction – Engager les salariés !

Depuis un certain temps, les entreprises choisissent de développer valoriser, en interne et externe, des actions et projets collaboratifs orientés sur des sujets sociaux et environnementaux dans lesquels leurs salariés s’impliquent volontiers ; de la biodiversité à la sauvegarde des espèces, de la collecte de déchets à la préservation des plages et des forêts, de la promotion de la diversité au soutient apporté auprès d’une association humanitaire ou pour le combat d’une maladie. En cela, tous volontaires et engagés, ces salariés participent directement à la mise en œuvre de ces mesures adoptées et couplées à la démarche RSE de leur entreprise. Autant d’occasions et de scénarios qui permettent de réfléchir sur les bienfaits de ces démarches pour eux et pour l’entreprise. Selon le Baromètre RSE Ekodev, Des enjeux et des hommes-Occurrence, de novembre 2017 [1], ils sont 70 % à vouloir l’être davantage et 41% des répondants vivent l’engagement dans la RSE comme une occasion de donner du sens à une activité et de se réaliser, 37% comme une manière de prendre des responsabilités et d’être reconnu en interne. Et d’après l’étude de 2018 sur l’engagement des employés du cabinet international de conseil en organisation Korn Ferry Hay Group [2], 73 % des salariés français se disent déçus lorsque leur entreprise ne leur permet pas de s’engager à travers un congé spécifique pour aider une association (42 %), réaliser des journées de solidarité (33 %) ou du mécénat de compétences (33 %).

Il me parait ainsi intéressant de nous interroger sur cette demande forte des salariés et sur cette tendance croissante de vouloir intégrer aujourd’hui ces actions socio-écologiques à succès dans la stratégie des entreprises. Quels enjeux et finalité pour l’entreprise de prendre en compte ces activités dans le travail des salariés ? Quelles relations et finalité peut-on établir entre les salariés toutes fonctions confondues, les entreprises et leur démarche RSE ?

Je vous propose à travers cet article, une autre façon d’aborder les questions environnementales et de nous intéresser à ces actions collectives qui visent d’autant plus à cultiver les rapports humains, à développer un nouveau modèle économique faisant appel à la participation de tous afin de sensibiliser les travailleurs, les citoyens, aux enjeux sociétaux et environnementaux planétaires.

 

L’adaptation des entreprises au changement climatique

Il est évident que les entreprises doivent et devront plus que jamais incarner le changement dans le futur. Elles mènent et devront mener à l’avenir des travaux sur les deux volets suivants : l’atténuation et l’adaptation de leurs activités et ceci en lien avec les priorités actuelles des politiques publiques sur les enjeux du climat et de l’énergie. En effet, avec la mobilisation de tous les publics autour des enjeux de la transition, les entreprises doivent et devront plus que jamais s’engager dans des bonnes pratiques qui permettent de passer à l’action et donc de minimiser leur impact environnemental. Aujourd’hui, les entreprises responsables doivent apprendre à penser « out of the box », sortir des sentiers battus de l’économie « classique » axée uniquement sur la rentabilité, insuffler de la rupture, y compris être prête à changer leur business modèle.

Afin d’atteindre ces objectifs, elles ne le feront pas seule, elles seront accompagnées de leurs salariés. Pour se faire, des ateliers collaboratifs et participatifs se mettent en place et se multiplient dans les entreprises pour eux et avec eux. En effet, nous observons ces dernières années de plus en plus de pratiques et projets de partage dans les entreprises qui génèrent une forme de « conformisme social » mais surtout une avancée tournée vers un nouveau modèle social d’entreprise qui répond à la fois aux besoins de la communauté et aux enjeux du climat.

Nous avons souhaité mieux comprendre, à travers la réflexion qui va suivre, ces engagements environnementaux, leurs réalisations socio-écologiques, ces solutions fédératrices émergentes et créatrices de lien social.

 

Appel à participation pour les salariés ! Un bref état des lieux de ces pratiques socio-écologiques et collaboratives

Les entreprises développent des initiatives nombreuses et diverses, des projets RSE à but caritatif mis en place dans les entreprises auxquels les employés participent durant leur temps de travail. Parmi ces actions auxquelles l’entreprise implique et sollicite ses salariés de façon collaborative, on trouve : organisation d’ateliers, de journées ou forums pour l’environnement, des opérations de nettoyage de déchets sur les plages ou dans les forêts, l’installation de ruches, nichoirs et hôtels à insectes pour la préservation de la biodiversité et la sauvegarde des espèces, la plantation d’arbres pour améliorer le bilan carbone de son entreprise, la création de jardin, de micro ferme, de potagers d’entreprise où chacun participe à sa création et à son entretien ; accompagnés souvent par l’appui technique d’associations ou entreprises spécialisées à disposition pour former et partager également leur expérience avec les volontaires de ces projets qui apportent alors le contenu théorique et pratique nécessaire au domaine d’expertise dans lequel ils se sont engagés. Cela facilite la mise en œuvre du projet et offre aux salariés la possibilité de se former.

Pour ce qui concerne le volet social, d’autres actions de développement sont mises en place avec les salariés et avec le soutien de leur entreprise, comme par exemple : récolter ou participer à la collecte de fonds pour une cause humanitaire, être partenaire et soutenir une ou plusieurs associations, sensibiliser et réduire les inégalités scolaires, promouvoir la diversité sous toutes ces formes (culturelle, générationnelle, homme-femme, l’emploi des personnes handicapées …), etc. De telle sorte qu’elles créaient de la valeur partagée entre l’entreprise et la société.

Ainsi, nous pouvons être amenée à en déduire que la performance sociétale et environnementale globale de l’entreprise s’améliore au sens large par la réalisation de ces objectifs participatif qui visent à l’amélioration de l’image et des impacts de l’entreprise sur la société. On peut alors parler de contribution positive des entreprises à l’intérêt général et au bien commun dans les sociétés et communautés dans lesquelles ces projets voient le jour.

Nous pouvons donc entendre que tout projet sera, par conséquent, accepté et mené tant qu’il est pertinent pour les différents acteurs (les parties prenantes) et qu’il aura le potentiel de faire sens auprès des différents publics ; et ceci d’autant plus qu’il est déjà mis en place avec succès chez les autres ! Nous pouvons conclure à ce stade de notre réflexion que l’entreprise se met alors dans une posture démonstrative et de facilitateur en favorisant l’adoption de projets en faveur de l’éducation à la citoyenneté mondiale.

 

Un outil de communication qui a ses effets sur la RSE

Pour l’instant, l’opération de communication et de valorisation autour de ces démarches collaboratives émergeantes pour un Groupe et qui de ce fait contribue à mettre en avant sa politique en RSE a plutôt bien fonctionné. En effet, l’information partagée au plus grand nombre qui est basée davantage sur une communication orientée par évènement en fait un succès auprès du grand public par le biais des différents outils de communication que sont aujourd’hui, l’intranet, les réseaux sociaux, les médias, les témoignages lors de réunions de type forums ou webinars, etc. C’est une communication qui se veut maitrisée qui vise à démontrer que l’entreprise est dans une démarche engagée et responsable mais pas que… En effet, cette dernière rend à cette occasion, ses collaborateurs en quelque sorte acteurs de son engagement, une manière fortement utile à l’heure où la réputation et l’image dans les entreprises sont plus que jamais à l’ordre du jour dans ce contexte de transition écologique.

 

Nouvelle façon de travailler ensemble, nouveau style de management, un renouveau pour la RSE

En réalité, ces actions collaboratives portent en elle d’autres questionnements et une toute autre finalité. Jusqu’ici dans notre réflexion, elles nous ont permis de démontrer et d’appréhender de manière globale leur positionnement et rôle en matière de politique environnementale pour les entreprises. Mais à vrai dire, elles sont également l’expression d’une nouvelle approche et changement de paradigme en matière de management pour les entreprises. D’une part, les salariés s’informent et s’allient aux enjeux RSE de leur entreprise. Et d’autre part, toutes ces actions ont également un but commun qui est de faire fédérer ensemble ses collaborateurs et, par conséquent, le Groupe, en plus de sensibiliser et impliquer les salariés dans la (ou les) démarches(s) RSE de leur entreprise.

On peut constater, par conséquent, une métamorphose de l’organisation managériale de l’entreprise et de sa politique globale durable qui consiste, pour cela, à mobiliser durablement toutes les catégories d’acteurs depuis la Direction jusqu’aux personnels non hiérarchiques et à amener les équipes, sous forme de projet, sur la base du volontariat à un management guidé par le partage.

Organisé autour de ces dispositifs, émerge alors un style de vie et de management collaboratif pour le plaisir de la rencontre et de l’échange qui pour un temps indéfini masque les relations formelles et hiérarchiques, améliorant ainsi le potentiel Humain. Une démarche visant à produire de la valeur en commun et reposant sur de nouvelles formes d’organisation du travail fondée sur une structure plus horizontale que verticale. De plus, ces collaborateurs impliqués favorisent positivement le dialogue interne, les échanges et la diversité. Cela permet de développer de bonnes pratiques pédagogiques, de « mettre en lumière » la participation et la prise d’initiative, « d’éclairer » des compétences nouvelles chez certains collaborateurs, d’autant plus enthousiastes et « boostés » par la réalisation de ces objectifs.

Ainsi, grâce à cette nouvelle tendance collaborative, il y a une réelle opportunité pour les entreprises de se transformer, d’évoluer vers de nouvelles pratiques de management, pouvant aussi impacter positivement leur modèle économique pour qu’il soit moins prédateur et plus respectueux de la Terre et des Hommes s’appuyant dorénavant sur un écosystème de lieux de partage et de personnes tournées vers des projets solidaires, dont l’enjeu principal émergeant est de vivre et travailler en collectif, entre salariés et, pour lequel, il est nécessaire de choisir de (re)placer au centre du système les bienfaits des relations humaines ; à l’heure où la quête du sens et celle de la qualité de vie au travail dans les entreprises sont plus que jamais à l’ordre du jour.

On peut y voir aussi un moyen pour tous de transformer notre façon de travailler pour le rendre plus durable et en offrant à chacun d’entre nous le pouvoir de mutualiser son travail, ses compétences, d’utiliser et de transposer ce modèle dans ses missions quotidiennes de travail avec ses collègues. Une idée qui fait écho et qui permettrait au business modèle de l’entreprise d’être plus responsable, plus vert et plus durable sans perdre de vue ses profits et sa performance.

Cela démontre également que les entreprises sont capables d’innover et de proposer de telles régulations sans tuer leur modèle économique, il y a là la base d’un véritable changement. Reste à savoir pour l’avenir si l’enthousiasme collectif sera toujours aussi présent dans le futur et surtout au moment où il est maintenant nécessaire pour les entreprises de mettre en place des actions significatives pour réduire leurs impacts environnementaux et émettre moins de carbone. Combiner ces deux axes sera leur défi de demain.

 

 

Source et Références

[1] https://ekodev.com/blog/Ekodev/Enquete-La-RSE-vue-par-les-salaries

[2] https://www.ladn.eu/entreprises-innovantes/marques-engagees/chiffres-cles-rse-developpement-durable/

 

Pour aller plus loin

https://www.novethic.fr/actualite/entreprise-responsable/isr-rse/les-ateliers-ludiques-un-premier-pas-pour-mieux-comprendre-les-enjeux-144074.html

https://www.novethic.fr/actualite/entreprise-responsable/isr-rse/les-ateliers-ludiques-un-premier-pas-pour-mieux-comprendre-les-enjeux-144074.html

 

 

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